Introduction

Introduction

Enfant, je rêvais des grands espaces de l’Amérique du Nord. Étudiant, je me projetais au Québec, pour rencontrer d’autres manières de vivre et de travailler. Finalement, pour toutes sortes de raisons et de renoncements, ma première venue au Québec a attendu 1997, j’avais 36 ans.

Le choc. Des paysages qui me dilatent le regard et la poitrine. La sensation intense de me réemboiter dans les rails de mon existence. Une paix infinie dans le cœur. Des rencontres.

J’y suis alors revenu presque tous les ans, avec à chaque fois de grandes difficultés à le quitter…

En 2011, de fortes turbulences dans ma vie privée bouleversent mon existence (fin brutale d’une relation amoureuse de près de 20 ans, décès de mon meilleur ami, grosse désillusion à propos d’une personne référente dans ma vie). Le temps d’encaisser le choc. Je saisis l’espace de liberté qui s’ouvre et décide de partir, enfin, de tenter ce Québec que j’aime. Engagé dans un doctorat, je choisis de venir faire mes études au Québec, le permis d’études m’ouvrant la possibilité de vivre ici pendant 3 ans.

Lors d’une de mes premières visites au Québec, ma grande amie Maria, m’a dit : « Au Québec, il y a deux saisons, l’hiver et le 15 août ! ».  Je crois aujourd’hui que c’est exagéré… mais que ça parle d’un fond de réalité aussi.

 Un peu plus tard, j’ai entendu celle-ci : « Quelle est la différence entre un français et un maudit français ? »

Réponse : « Le français vit en France ».  Je crois aussi que c’est exagéré… mais que ça parle sans doute d’un fond de réalité.

Je n’ai jamais été spécialement fier d’être français, sauf pour la langue, que j’apprécie. Le Québec, je l’aime et actuellement j’y vis par choix. Mais j’ai beau y être venu bien souvent, y vivre s’avère bien autre chose… Je découvre le statut d’immigré.

Me voilà donc un immigré, un « maudit français ».

Ce journal ne porte rien d’autre que le fruit de ma rencontre avec ce pays. Il ne prétend pas à la vérité. Les observations que je rapporte, les événements ou les rencontres que je relate parlent de mon point de vue, révélant sans doute davantage mes espoirs ou mes désillusions qu’une quelconque réalité objective.

C’est le vécu d’un immigré français au pays de son cœur : le Québec.